J’avais 2 ans lorsque je me suis retrouvée pour la première fois posée sur le dos d’un cheval. Et j’ai aimé, il faut croire, puisqu’à 7 ans je prenais – enfin! – mon premier cours d’équitation, qu’à 8 j’entamais la voltige et, à 12 ans, assurais l’entretien, le travail et les soins d’une poulinière accidentée et d’un poney réputé hargneux que j’avais apprivoisé.

 Pour l’adolescente que je devenais, c’était clair : ma vie serait avec les chevaux. A 16 ans, tout naturellement, je donnais des cours à mes petits camarades du club de poneys, mais aussi à des adultes effrayés pour qui j’inventais des outils destinés à les ramener à eux, à leur respiration, à l’espace de tranquillité, en eux, par où pouvait se renouer avec le cheval le lien que de mauvaises expériences antérieures avaient chahuté.

 

   Ce joli mot de « lien », je ne l’avais pas encore, enfant, adolescente…

  Pourtant c’est lui que je questionnais et soignais déjà, à l’observation et l’intuition, lorsque j’amadouais un poney difficile, amenais une pouliche jugée dangereuse par ses propriétaires à se laisser approcher puis monter, ou travaillais, à 18 ans, les poulains d’un élevage d’Akhal-Téké.

  C’est lui ensuite, sciemment cette fois, qui a guidé mes pas de jeune professionnelle. Vers des formations en acupressure, biomécanique, TTouch et parage – ces outils complémentaires grâce auxquels je deviendrais apte à rencontrer tout cheval dans ses besoins du moment. Mais aussi vers la méthode Rességuier, l’équipédagogie et la relation d’aide – ces approches qui allaient me permettre de garantir l’assise, la rigueur et la profondeur de mon accompagnement.

  C’est lui, enfin, qui m’a poussée vers des maîtres cavaliers dont la pratique privilégiait, et privilégie toujours, la qualité relationnelle avec le cheval.

 

  C’est ainsi que j’ai rencontré et me suis formée auprès de Christine Agassis, d’abord, créatrice et directrice du centre de relation Homme-Cheval « Le chemin d’Akita ». Puis auprès de Jean-François Pignon pour le travail en liberté, de Bernard Sachsé pour la haute école et de Frédéric Pignon, dans l’un de ses spectacles équestres.

  Une femme, trois hommes, quatre maîtres dans l’art de monter, d’écouter et de dialoguer avec le cheval. Quatre enseignants inspirants puisqu’inspirés. C’est grâce à leur exemple et leurs conseils, à leur amitié parfois, à leur bienveillance et leur justesse toujours, que je suis devenue… celle que j’étais déjà, en germe, à 20 ans, et qui à leur contact a pu grandir et fleurir : une femme à l’oreille de qui il arrive que les chevaux murmurent.